
Extraits de
Éditions Gallimard (2003)
La lumière du monde
Lire Rumi, c’est être jeté en l’air avec les fusées de son écriture, comme la rose sort de la rose par son parfum. Tout se mélange et en même temps tout est à sa vraie place, comme au cœur d’une rose ou d’un cyclone.
On dirait qu’il a traversé vraiment le ciel de la logique.
Ce que j’aime dans sa pensée, c’est son mouvement, semblable à celui du va-et-vient des abeilles entre la ruche et le pré qui peut se trouver à plusieurs kilomètres.
Au fond, la ruche est un peu comme un monastère, fait de cellules minuscules, avec au-dessus le bourdonnement de la prière, et les abeilles sont un peu comme des religieuses.
Il y a des milliers d’extases devant une ruche, qui sont comme une danse d’ivresse. Quant aux abeilles, elles sont comme des danseuses soufies, on peut aussi penser à elles comme à de grandes mystiques.
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© Christian Bobin | ChristianBobin.fr
LA LUMIÈRE DU MONDE (2003)
Chères lectrices, chers lecteurs, Prenez avis que ce texte a été publié pour l’intérêt informatif qu’il représente en lien avec le thème abordé sur ce blogue. Bien que je sois vigilante quant à la crédibilité de sa source, votre discernement doit prévaloir en tout temps. Utilisez-le. Votre hôtesse, Andree Boulay.
