
Publication de Thierry Desbonnets
5 novembre 2022
Contrairement aux hommes, il n’y a pas, chez les canards, de canard boiteux. Chez eux, avancer clopin-clopant, cahin-cahant, est normal tandis d’avancer bien dans ses bottes est plutôt suspect, voire maladif. Que n’avons-nous la sagesse des canards à cet égard!
Quel bonheur, quelle liberté de faire les choses, non en se foutant des gens, mais de leur avis. Il ne s’agit en effet pas de leur être bêtement et systématiquement insoumis(e) et rebelle, mais de trouver l’équilibre sur ce fil tendu entre notre cœur et notre raison. Plus qu’un fil tendu par dessus un gouffre, c’est un lien qui maintien ces deux mondes en relation. Le monde de la pensée, du mental, des jugements, de l’analyse et du discours, le monde « logique », est alors connecté à l’autre monde, celui de l’émotion, de l’intuition,de la sensibilité et de l’amour. On marche alors, sur ces deux pieds, mais au milieu d’une foule qui se contente d’avancer à cloche-pied sur un seul hémisphère, droit ou gauche. Forcément, on passe là pour un canard boiteux, sorte de mouton à cinq pattes qui n’arrive pas à marcher au pas du troupeau.
Mieux vaut alors quitter les sentiers battus, ils ne sont sont que des ornières qui mènent à train d’enfer les gens contre le mur même de leur indifférence (celle où ils ne sont pas différents les uns des autres, celle où ils restent insensibles à la singularité et à l’originalité de chacun des autres). Mieux vaut alors se sentir incompris dans un monde qui, de toute façon, ne comprends rien, un monde qui sépare et dissèque tout, sans rien voir de sa surprenante et merveilleuse unité, un monde qui ignore qu’au fond, il n’y a qu’Une seule Vie au cœur de toute vie.
Tu as raison de leur sembler avoir tort. Tu as raison d’avoir choisir ta folie douce face à leur raison dure comme de la pierre. Il faut prendre les canards boiteux et sauvages pour les enfants du Bon Dieu. Soyons des clowns, des acrobates, des funambules ou des poètes, le monde a tant besoin de nous et nous, tant besoin de lui. Ne soyons rien d’autres que des canards boiteux, ceux qui dansent toujours, même sans le vouloir.
Surtout, n’ayons jamais le cœur lisse, un cœur où rien n’accroche ni ne pousse Il y faut des cabosses et des fractures pour que quelque chose y pousse.
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© Thierry Desbonnets | Bouts d’zen
LA SAGESSE DES CANARDS (2022)
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