Daniel MEUROIS : LE MAÎTRE DES MÉTAMORPHOSES — @DanielMeurois

ᴄʀᴇᴅɪᴛ ᴘʜᴏᴛᴏ 📷 © Daniel Meurois Ecrivain

Extrait «Les Apocalypses de Jean» chapitre II

© Daniel Meurois | Ed. Le Passe-Monde

Chers amis qui partagez avec moi le même chemin… En ces temps douloureux et presque irrespirables qui sont nôtres, j’ai été soudainement pris d’un urgent besoin de fraicheur. Je veux dire de fraicheur d’âme, d’une de ces bouffées d’air pur que l’on ne peut trouver que sur les Himalayas de la conscience. Alors, je me suis souvenu de quelques lignes des «Apocalypses de Jean», témoignant du regard sur le monde que le Disciple avait finalement apprivoisé du fond de son cœur… Un regard de compassion qui appelle une inévitable bénédiction sur tout ce qui fait nos errances «labyrinthesques». Je vous les propose ici; elles sont extraites du chapitre II. C’est Jean qui s’y interroge puis qui s’exprime devant Épiphanês, toujours près à recueillir ses paroles. La scène se passe à Éphèse…

Le maître des métamorphoses

« Bénir… en étais-je digne? C’était toujours Jeshua qui bénissait, ou alors Méryem.

Le jour où j’ai osé le faire pour la première fois, ce fut sans réfléchir, sous l’effet de la surprise ou d’une évidence. Cela s’est passé quelque part au bout du vieux port. J’étais en train d’arrimer la barque avec laquelle nous venions de pêcher lorsqu’une femme d’âge mûr s’est précipitée…

– «Johannès! Johannès… Fais comme le Béni, pose tes mains sur ma tête. Je t’en prie…»

Pris au dépourvu et touché par le ton de sa voix, j’ai doucement laissé mes deux paumes recouvrir le voile brun qui lui cachait la chevelure et le front. J’ignore ce qui s’est alors passé mais je me souviens que mon geste a duré et que des larmes me sont aussitôt montées aux yeux. Enfin, la femme est partie, à reculons, sans rien ajouter.

Je me suis redressé puis tourné vers Épiphanês qui m’avait accompagné en mer et avait tout vu de la scène.

– «Tu l’as bénie, Johannès? Je ne comprends pas… tu sais qui est cette femme?»

Je lui ai fait signe que non. Il me semblait seulement l’avoir déjà aperçue ici ou là, un peu à l’écart des petites assemblées où j’étais invité à parler.

– «Tu ne le sais pas? C’est l’une de ces femmes honteuses qui reçoivent les hommes dans la maison de débauche, là-bas, un peu plus haut, près des latrines¹… Tu n’aurais pas dû la bénir…»

– «Ah…»

J’ai éprouvé le besoin de faire quelque pas puis de revenir vers Épiphanês et son air stupéfait sur le bord de notre ponton.

– «Eh bien… Pourquoi n’aurais-je pas dû? Au contraire! J’en suis heureux… Que crois-tu que signifie le fait de bénir? Bénir n’est pas nécessairement approuver l’autre dans ce qu’il fait ou va faire de sa vie. C’est demander à ce que descende sur lui une sorte de… souffle de Paix, un vent de Lumière. C’est lui dire… «Prends! Va et respire tout l’Amour dont tu as besoin»!»

Épiphanês ne m’a rien répondu mais je l’ai vu troublé jusqu’au soir. Il s’est seulement mis à discourir de choses et d’autres ainsi que le font souvent ceux qui cherchent à dissimuler un mal-être ou à fuir leurs incohérences.

– «Tu dois avoir beaucoup d’or en toi…» a-t-il enfin bredouillé sur son toit en terrasse tout en préparant la soupe aux pois pour laquelle il m’avait convié.

– «Qu’en sais-tu, mon frère? Un geste tout simple, quelques mots qui ne me sont pas venus mais dont l’essence devait malgré tout briller un peu… Cela ne suffit pas à faire de l’or. Des hommes qui, eux, parlent bien, on en trouve beaucoup dans ton pays. Et depuis longtemps. Si tu fais allusion à ce qui s’est passé tout à l’heure, j’ai donné tout ce dont j’étais riche à cette femme à cet instant-là. A-t-elle entendu quelque chose? Y avait-il une forme d’or dans mes mains? Je n’en sais rien… mais si jamais ce n’était que du cuivre, peut-être celui-ci a-t- il été reçu comme de l’or et c’est cela le principal… Vois-tu, le cœur humain est le maître de toutes les métamorphoses possibles. Il connaît l’art de la transmutation…

Et c’est cela le prodige! Car ce que les Anciens de chez moi, en Galilée, ne disaient pas ou ignoraient, c’est que les essences des métaux que nous recevons à la naissance ne sont pas figées en nous. Elles ne sont pas immuables comme pour tout ordonner de notre place et de notre destinée. Elles sont en mouvement! En fait, c’est nous qui les faisons grandir ou décroître, qui en modifions les proportions dans notre cœur. Dans son secret… et avec notre volonté.»

– «Alors… Tu me dis qu’on peut venir au monde avec un tout petit peu d’or dans la conscience et réussir à le faire croître à la manière d’un fruit sur sa branche?»

– «C’est l’une des vérités pour lesquelles Jeshua nous a rendu visite en ce monde. Comprends qu’il n’existe pas une seule créature qui n’ait reçu que du fer pour tout bagage. Il suffit qu’il n’y ait qu’une minuscule parcelle d’or quelque part en elle pour que celle-ci – même si elle s’ignore – apprenne à se multiplier à l’infini, au gré des Âges.

Pourquoi? me demanderas-tu. Parce que cette parcelle d’or, c’est le germe de son esprit, le Souffle primordial d’Awoun en elle, Sa Présence. »

______________________________

¹ Éphèse était alors connue pour la liberté de ses mœurs et son lieu de débauche officiel traditionnellement nommé «lupanar» à cause de ses nombreuses «louves».

© Daniel Meurois. ¨Les Apocalypses de Jean¨. Ed. Le Passe-Monde.

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SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @DanielMeurois

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