
Extraits de
Éditions Robert Laffont (2008)
« Qu’ai-je donc fait? »
Il y a quelque chose de mieux que de s’agiter: c’est de s’ennuyer. J’écrirais volontiers un éloge de la paresse et de l’ennui.
L’ennui est cet état béni où l’esprit désoccupé aspire à faire sortir du néant quelque chose d’informe et déjà d’idéal qui n’existe pas encore. L’ennui est la marque en creux du talent, le tâtonnement du génie.
Voyager n’est pas mal. Le succès, c’est très bien. Etre heureux, qui ne le souhaite? S’ennuyer est bien mieux. C’est quand vous êtes perdu que vous commencez à être sauvé.
La vie la plus banale, allumer un feu dans une cheminée, se promener dans les bois – Rousseau avait besoin de marcher pour aiguiser ses idées -, ronger son frein et son coeur parce qu’on n’est bon à rien, maudire le monde autour de soi, s’abandonner aux songes, ou, mieux encore ne rien faire du tout, ou, en tout cas le moins possible – avant, bien sûr de se jeter dans le travail à corps perdu -, peut mener autrement loin.
____________________
© Jean d’Ormesson | Encyclopédie Universalis
QU’AI-JE DONC FAIT? (2008)
Chères lectrices, chers lecteurs, Prenez avis que ce texte a été publié pour l’intérêt informatif qu’il représente en lien avec le thème abordé sur ce blogue. Bien que je sois vigilante quant à la crédibilité de sa source, votre discernement doit prévaloir en tout temps. Utilisez-le. Votre hôtesse, Andree Boulay.
